- A-t-on le droit d’envoyer un email de prospection à un professionnel sans son consentement ?
- Oui, en B2B, sous conditions. La CNIL admet l’intérêt légitime comme base légale de la prospection par email entre professionnels : pas de consentement préalable requis, à condition que le message soit en rapport avec la fonction de la personne, qu’elle soit informée de l’origine de ses coordonnées et qu’elle puisse s’opposer simplement et gratuitement, dès le premier envoi. Les adresses génériques comme contact@entreprise.fr ne sont pas concernées par ces règles. En B2C, la logique s’inverse : le consentement préalable est la règle.
- Acheter un fichier d’emails B2B, est-ce légal ?
- Ce n’est pas interdit, mais la responsabilité vous suit : c’est à l’acheteur de vérifier comment les données ont été collectées, si les personnes ont été informées et si les oppositions sont transmises. Un fichier vendu sans réponse claire à ces trois questions est un risque juridique — et souvent un mauvais produit : adresses périmées, taux de rebond élevé, réputation d’expéditeur abîmée dès la première campagne. L’enrichissement à la demande, contact par contact vérifié, produit un fichier plus petit mais utilisable.
- Que risque-t-on à aspirer des contacts sur LinkedIn ?
- Deux choses distinctes. Côté RGPD : la CNIL a sanctionné Kaspr de 240 000 € en décembre 2024, notamment pour avoir collecté les coordonnées de membres qui avaient restreint leur visibilité — la visibilité choisie par la personne fait partie des règles du jeu. Côté plateforme : les conditions d’utilisation de LinkedIn interdisent robots, scripts et extensions d’extraction, avec un risque réel de restriction du compte. Un profil consulté à la main reste une source légitime d’information ; l’aspiration massive, non.
- Combien coûte l’enrichissement d’un fichier de 1 000 contacts ?
- Chiffrons le cas aux prix éditeurs de septembre 2026 : environ 49 € chez Hunter (plan Starter, 2 000 crédits mensuels, un crédit par email trouvé) ; chez Dropcontact, les plans Starter (79 €) et Growth (120 €) incluent chacun 500 crédits par mois, et le volume s’ajuste au-delà via un curseur, sur l’un comme sur l’autre — les crédits ne sont décomptés que pour les emails trouvés ou vérifiés, le tarif exact de votre volume se lit sur ce curseur. À quoi s’ajoute le ciblage en amont si vous partez de zéro (Pharow dès 139 € HT par mois, 105 € en annuel, ou un travail manuel gratuit mais lent). L’ordre de grandeur honnête : entre 50 et 260 € d’outillage pour un fichier de ce volume, hors temps humain.
- Combien de temps peut-on conserver un fichier de prospects ?
- La CNIL recommande trois ans à compter du dernier contact émanant du prospect lui-même — une demande de documentation, une réponse, un clic dans un email. Une simple ouverture de message ne compte pas. Passé ce délai, on supprime, on archive, ou on reprend contact une fois pour demander si la personne souhaite continuer à recevoir vos sollicitations. C’est pour appliquer cette règle sans y penser que le workflow consigne la date de collecte dans le CRM dès le premier jour.