- Peut-on publier une photo entièrement générée par IA comme image principale d’une fiche produit ?
- C’est le seul emplacement où la réponse est franchement non. L’image principale est celle sur laquelle l’acheteur fonde sa décision : si elle ne représente pas l’objet qu’il recevra — teinte, matière, finition, proportions —, elle devient une présentation de nature à induire en erreur au sens de l’article L121-2 du Code de la consommation, avec les peines de l’article L132-2 en face — et, une fiche produit étant par définition diffusée sur un service de communication au public en ligne, dans leur version aggravée : cinq ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende, au lieu de deux ans et 300 000 €. S’y ajoutent les règles de diffusion : Google Merchant Center refuse les images génériques ou de remplacement qui ne montrent pas le produit réel, et les marketplaces imposent chacune leur gabarit d’image principale. La génération complète trouve sa place ailleurs — bannières, décors, illustrations —, pas sur le visuel qui engage la vente.
- Faut-il afficher une mention quand une photo produit a été retouchée par IA ?
- Tout dépend de l’ampleur de la retouche, mais pas pour la raison qu’on lit partout. L’exception d’« assistance à l’édition standard » que prévoit l’article 50 de l’AI Act, applicable depuis le 2 août 2026, ne porte que sur l’obligation de marquage lisible par machine, qui pèse sur le fournisseur du modèle : elle ne dispense pas le déployeur — vous, qui publiez — de son propre devoir d’information. Pour lui, le critère est ailleurs : l’image est-elle un deepfake au sens de l’article 3, point 60, c’est-à-dire un contenu généré ou manipulé qui ressemble à un objet existant et paraîtrait authentique ? Détourer un fond, corriger une lumière, recadrer ne change pas ce que l’image montre : rien à libeller à ce titre. Remplacer le décor par une scène inventée, ajouter des éléments, transformer l’apparence du produit fait basculer l’image, et la divulgation est alors due, claire et visible dès la première exposition. La seule exception à ce devoir vise les œuvres manifestement artistiques, créatives, satiriques ou fictionnelles — ce qu’une fiche produit n’est jamais. Le réflexe raisonnable : documenter pour chaque visuel le degré d’intervention, et libeller dès que l’image cesse d’être une photo corrigée.
- Un mannequin généré par IA qui porte le produit, est-ce autorisé ?
- Un corps et un visage entièrement synthétiques évitent la question du droit à l’image d’une personne réelle, protégée en France par l’article 9 du Code civil. Trois réserves subsistent. D’abord, la silhouette doit rester plausible pour le vêtement vendu : un tombé impossible ou une taille rectifiée ramène au terrain des qualités substantielles. Ensuite, si le visuel est diffusé par un créateur de contenu rémunéré, la mention « Images virtuelles » de l’article 5 de la loi du 9 juin 2023 s’applique, sous peine d’un an d’emprisonnement et 4 500 € d’amende. Enfin, le modèle a appris sur des visages : la CNIL rappelle que les personnes dont les données servent à l’entraînement conservent leurs droits, ce qui est une raison de plus de préférer un fournisseur qui documente son corpus.
- Combien coûte un visuel produit généré par IA, à l’unité ?
- Les grilles publiques de septembre 2026 donnent trois ordres de grandeur. Le traitement d’image à l’API : 0,02 $ par suppression d’arrière-plan chez Photoroom, 0,10 $ par édition. La mise en scène par abonnement : Pebblely affiche 9 $ pour 30 images, 19 $ pour 200, 39 $ pour 500. La génération par modèle : Google facture la sortie image de Gemini 3.1 Flash Image environ 0,067 $ pour une image en 1K et 0,134 $ pour Gemini 3 Pro Image, tandis qu’OpenAI facture ses modèles gpt-image-2.5 à 30 $ le million de jetons d’image en sortie. Le vrai coût est ailleurs : la normalisation des fichiers source et la relecture, qui ne se facturent pas à l’image.
- Product Studio de Google est gratuit — pourquoi ne pas l’utiliser ?
- Parce qu’il ne vous est probablement pas accessible. La documentation de Google Merchant Center indique que Product Studio est disponible pour tous les utilisateurs sauf ceux établis en France et en Russie. Une PME française qui lit un comparatif anglophone vantant l’outil gratuit de Google perd donc son après-midi à chercher un menu qui n’apparaîtra pas. Le reste de l’écosystème de diffusion, lui, s’applique bien : exigences de l’attribut image_link, métadonnée IPTC obligatoire sur les images générées, et le relèvement de la résolution minimale à 500 × 500 pixels, signalé en avertissement depuis le 14 avril 2026 et appliqué au 31 janvier 2027.